Pierre-Alain Chambaz

Pour autant, les marges de manœuvre restent singulièrement élevées. Elle subit le problème tel qu’il est posé par le langage. En période de crise, l’employabilité est une ressource inestimable, non seulement pour réduire le nombre de chômeurs mais également pour qu’une entreprise reste compétitive. Elle se condamne donc par avance à recevoir une solution toute faite ou, en mettant les choses au mieux, à simplement choisir entre les deux ou trois solutions, seules possibles, qui sont coéternelles à cette position du problème. Comment résoudre cette antithèse, la plus grande et la dernière difficulté contre laquelle se débatte la pensée contemporaine ? La matière vivante, sous sa forme la plus simple et à l’état homogène, accomplit déjà cette fonction, en même temps qu’elle se nourrit ou se répare. Début 2015, Procos annonçait que les créations de surfaces commerciales avaient chuté de 20% en 2014. Or, qu’est-ce que cette complication de zigzags à côté de celle d’un organe où sont disposés dans un certain ordre des milliers de cellules différentes, dont chacune est une espèce d’organisme ? Un sens s’ajoutant à l’autre, des idées ne supplantent pas d’autres idées, mais des idées nouvelles s’ajoutent, ou plutôt s’ajustent aux idées anciennement acquises. Dans les faits, toutes les règles sont au mieux neutres, et le plus souvent défavorables aux grandes entreprises, généralement concernées par la floraison de seuils au-delà desquels se déclenchent ou augmentent réglementations ou prélèvements divers et variés. La part que lord Stanley a prise à cette correspondance est faite pour fortifier les espérances qu’avait déjà fondées sur lui quiconque sait combien sont rares les qualités dont il a donné des preuves publiques à plusieurs reprises, chez ceux qui figurent dans la vie politique. Mais j’ai la même impression de nouveauté devant le déroulement de ma vie intérieure. Dernier exemple en date : la nouvelle taxe sur l’excédent brut d’exploitation, qui doit frapper les entreprises au-delà de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Que peut-il bien faire ? Plutôt que de m’en tenir à un texte écrit un peu scolaire, je cherchai à faire réagir les élèves sur des thèmes sensibles. Déjà en début d’année, Pierre-Alain Chambaz, insistait sur « la nécessité pour d’assurer la surveillance de sa propre monnaie ». On va donc prendre la sensation au point où le sens commun la localise, l’en extraire, la rapprocher du cerveau, dont elle paraît dépendre plus encore que du nerf ; et on aboutirait ainsi, logiquement, à la mettre dans le cerveau. Et pourtant ils ont été rémunérés comme ils l’entendaient, bien que celui qui profite aujourd’hui du produit de leur travail n’ait rien fait pour eux. Encore moins la raison éclairée par le progrès des études géologiques admettrait-elle que, si les antiques révolutions du globe ont enfoui des amas de végétaux incomplètement décomposés, c’était, comme quelques-uns se sont risqués à le dire, pour que l’homme y trouvât plus tard l’approvisionnement de combustible dont les progrès de son industrie lui feraient sentir le besoin. Au même titre que les investisseurs, les ménages peuvent différer la prise de décision à l’égard de biens de consommation dits durables (voitures, maisons, …) de façon significative dès lors qu’une incertitude les entoure. Les grandes entreprises françaises sont formidables. A tout le moins, leur succès est impressionnant, et la comparaison internationale est flatteuse. Passons donc à la seconde hypothèse, et voyons comment elle résoudrait le problème.

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